‘Ali al-Hojviri, Le savoir et l'intuition mystique

Extrait du Kašf al-mahjub

 

‘Ali al-Hojviri était né à Hojvir, une banlieue de Ghazna. Il étudia auprès de plusieurs maîtres soufis et voyagea, comme il était courant à son époque, dans tout le monde musulman, de la Syrie au Turkestan et de l’Indus à la Mer Caspienne. Il s’établit pour un temps en Iraq, où il sombra dans la misère et eut une vie conjugale brève et malheureuse. C’est comme prisonnier qu’il fut amené à Lahore, où il finit ses jours, regrettant, lorsqu’il composa son grand œuvre, le Kašf al-mahjub, de n’avoir pas par devers lui les livres qu’il avait dû abandonner à Ghazna.

Le Kašf al-mahjub « dévoilement des mystères » est le premier exemple achevé de traité (ketâb « écrit », resâle « message ») en persan sur le soufisme. Ses vingt-cinq chapitres se répartissent en quatre grandes parties : la première est consacée à certains aspects spirituels et comportementaux du soufisme ; la deuxième aux premiers califes et aux imams ; la troisième aux maîtres soufis et aux doctrines des conféries ; la quatrième à onze dévoilements. Les huit premiers de ces dévoilements portent sur les cinq piliers de l’islam, Hojviri adoptant la doctrine asharite en matière de fondements religieux, mais un point de vue hanbalite concernant les règles dérivées. Le neuvième dévoilement traite des règles de vie, tandis que dans le onzième, Hojviri traite du concert spirituel. Dans le dixième, il revient sur certains de concepts de la mystique, approfondissant ce qu’il en avait dit dans les première et troisième parties. Le texte ci-joint est tiré du dixième dévoilement, et l’auteur y revient sur la distinction abordée dans le premier dévoilement entre connaissance mystique (ma‛rife) et savoir de type scientifique (‘elm).