ScribeBengaliAtelier_traduction

linguistique-mondeindien.fr  |  kâsikâvrtti (espace privé)  |  recherche

Linguistique du monde indien

Séminaires de l’année 2008-2009

 

Deux grammaires aux marges de la tradition pāṇinéenne :
l’enseignement du Mugdhabodha au Bengale et du Līlātilaka au Kérala

Pascale Haag (EHESS) et Émilie Aussant (CNRS)

du 18 novembre 2008 au 2 juin 2009. Les 1er, 3e et 5 e mardis du mois de 13 h à 15 h
(salle 6, 105 bd Raspail, 75006 Paris)

 

Si la grammaire de Pāṇini éclipse toutes celles qui l’ont précédée, sa structure complexe, le caractère synthétique de ses règles, ou soutras, et son intention de traiter d’une façon exhaustive l’ensemble des faits de langue, y compris les tournures propres à la langue védique, peuvent constituer un obstacle décourageant pour l’étudiant désireux d’aborder l’étude du sanskrit.

C’est pourquoi de nouveaux traités grammaticaux, mieux adaptés aux besoins de leurs utilisateurs, voient le jour dans le sous-continent indien dès le début de notre ère. L’influence de Pāṇini y demeure perceptible, mais ce qui a trait au Veda en est habituellement écarté, et la volonté de faciliter l’apprentissage est explicite dans ces ouvrages. Tel est le cas de la Grammaire pour les niais (Mugdhabodha) de Vopadeva. Composée au XIIIe siècle, elle fut largement utilisée au Bengale, ainsi qu’en témoignent les nombreux commentaires qui nous sont conservés dans cette région.

Les conceptions pāṇinéennes imprègnent si profondément l’univers des théoriciens du langage qu’elles se retrouvent jusque dans les grammaires d’autres langues indiennes. Au Kérala, les plus anciennes observations grammaticales concernant le manipravālam, c’est-à-dire la langue littéraire médiévale issue du contact entre le malayalam et le sanskrit, sont ainsi contenues dans un traité de poétique rédigé en sanskrit au XIVe siècle, le Līlātilaka, dont l’auteur est inconnu.

À travers l’analyse de larges extraits de ces deux traités encore très peu étudiés, nous nous attacherons à définir quels éléments y sont hérités de la tradition pâninéenne et de quelle façon ils s’affranchissent de leur modèle.

 

Noter que la première séance de ce séminaire coïncide avec la troisième des quatre conférences sur la logique assurées par Karin Preisendanz, professeur à l’Institut für Südasien-, Tibet- und Buddhismuskunde de l’université de Vienne et directeur d’études invité de l’EHESS. Voir le programme des conférences.

 

Télécharger les exempliers (disponible à partir des premiers séminaires)