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Les Angles de l'Asie |
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La démocratie en Chine Paul Charon et Guillaume Dutournier séminaire du 5 mai 2009
Sans présupposer une définition normative de « la » démocratie, et sans prétendre à un tableau exhaustif de l’expérience chinoise (tant idéologique qu’institutionnelle) en matière démocratique, on tentera d’analyser les modalités du discours chinois contemporain sur la « démocratie » (minzhu) parmi les élites politiques et intellectuelles, avec un accent sur les bouleversements des trente dernières années. On proposera d’abord une typologie des modes d’insertion de la thématique « culturelle » dans les argumentaires pro- ou anti-démocratie, selon la double entrée identitaire (culture comme « wenhua ») et élitiste (culture comme « suzhi »), pour montrer ensuite comment, au cours des dernières années, le discours officiel a converti l’alibi culturel en un modèle opératoire, conçu comme l’incarnation, face aux modèles de la transition à l’Est et du Consensus de Washington* au Sud, d’un paradigme alternatif mêlant libéralisation économique et conservatisme politique. Nous verrons que ce modèle, s’il peut aimanter l’orientation autoritaire de dirigeants de pays en voie de développement et par là-même jouer un rôle sur la scène internationale (comme on l’a vu encore tout récemment lors de la conférence de Durban II**), demeure une construction éminemment éthérée, les élaborations théoriques et institutionnelles du régime restant essentiellement motivées par la quête de légitimité interne. En effet, confronté à la fin du monde bipolaire, à un corpus idéologique suranné et à une société en pleine mutation, le Parti communiste est contraint d’abandonner la dictature du prolétariat afin de se poser en « Parti du peuple ». Cela le conduit notamment à la théorie des « Trois représentations » de Jiang Zemin – qui entend redonner vie au Parti tout en canalisant les critiques s’inspirant du modèle de « la démocratie occidentale » –, mais aussi, par exemple, à la mise en avant d’une « démocratie participative » (canyu minzhu) réinterprétée dans le cadre d’un système à Parti unique et qui semble fonctionner, paradoxalement, comme un instrument de dépolitisation. Cependant, compte tenu du caractère largement composite et pour ainsi dire « bricolé » de ces élaborations doctrinales et institutionnelles, autrement dit de leur impuissance manifeste à proposer un autre imaginaire social, on insistera en définitive sur la persistance du cadre intellectuel occidental comme référent ultime, constatation qui nous incitera à prolonger – prudemment – la réflexion de Fukuyama sur la fin de l’Histoire.
Premières lectures bell_democracy.pdf — Daniel A. Bell, Democracy with Chinese Characteristics: A Political Proposal for the Post-Communist Era, Philosophy East and West, Vol. 49, No. 4. (Oct., 1999), pp. 451-493. Daniel A. Bell, Depoliticizing the analects, in Daniel A. Bell, China's New Confucianism: Politics and Everyday Life in a Changing Society, Princeton NJ, Princeton University Press, 2008, pp. 163-174.
cheng_democratie_confucius.pdf — Anne Cheng, Des germes de démocratie dans la tradition confucéenne?, dans Mireille Delmas-Marty et Pierre-Etienne Will (Sous la direction de), La Chine et la démocratie, Paris, Fayard, 2007, pp. 83–107. fukuyama_confucianism.pdf — Francis Fukuyama, Confucianism and Democracy, Journal of Democracy, Volume 6, Number 2, April 1995, pp. 20-33. hahmChaibong_confucianism.pdf — Hahm Chaibong, The ironies of Confucianism, Journal of Democracy, Volume 15, Number 3, July 2004, pp. 93–107.
zufferey_confucius_jinYong.pdf — Nicolas Zufferey, "De Confucius au romancier Jin Yong", pp. 75-102, in Anne Cheng (dir.), La pensée en Chine aujourd'hui, Paris, Gallimard, 2007, pp. 75–102.
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