Tenures foncières en Asie. Déclinaison Inde
Jean-Claude Galey et Francis Zimmermann
17 février et 3 mars 2009
Anthropologues et indianistes, nous présentons un dossier sur «les tenures foncières» en Asie du sud, dont nous pensons qu'il intéressera nos collègues et nos étudiants des autres aires culturelles du domaine AMO. Qu'appelons-nous tenures foncières? Il s'agit des droits, très enchevêtrés dans l'Inde traditionnelle, dont jouissent respectivement un exploitant, un propriétaire ou un seigneur (landlord) sur la terre qu'il travaille, qu'il habite ou qu'il contrôle. La question des droits sur le sol est assurément cruciale car elle implique des idéologies et des choix politiques constitutifs de ce que nous appelons le Village, la Propriété et l'Impôt (revenue) et une tradition juridique particulière. En prenant nos distances par rapport aux problématiques et à la terminologie qui prévalaient dans les années 1960, nous souhaitons poser des questions très actuelles sur le rapport ville-campagne, sur le droit de propriété individuelle, sur la structure des communautés paysannes, sur le sens de la justice tel qu'elle s'applique dans les disputes au village et sur la place de la monnaie dans la location des terres et la rémunération des travaux agricoles. Nous devons choisir entre toutes ces questions pour les deux séances que nous animons cette année, et pour le reste poser simplement des jalons et ouvrir des pistes dans les pages qui suivent et dans la bibliothèque numérique.
La première séance, à partir d'une relecture d'une étude de Galey sur la dette et son expression dans quelques régimes fonciers, inscrit la question dans le cadre du système des castes et des spécificités de l'Inde du sud.
La seconde séance, à partir de la lecture du chapitre «Propriété» dans Ancient Law de Henry Sumner Maine, inscrit la question dans un cadre comparatif.
De très nombreux textes ont été mis en ligne dans la bibliothèque numérique. Il est recommandé de partir des quatre lectures indiquées comme prioritaires — Cohn, Frykenberg, Galey, Neale — que nous avons placées en tête de la bibliographie raisonnée qui ouvre ce dossier.
