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Les Angles de l'Asie |
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Ce que l'on raconte d'eux et ce qu'on leur fait dire Francis Zimmermann séminaire du 7 avril 2009
Il fut un temps où l'Enfance était seulement conçue comme une position dans les relations de parenté. Subsumées sous la rubrique Parenté, on étudiait des institutions sociales telles que l'Adoption et la circulation des enfants entre plusieurs familles. Parallèlement, sous l'influence de la psychanalyse, de l'ethnopsychiatrie et — aux Etats-Unis — de l'école Culture et Personnalité, on étudiait le rapport de l'enfant à sa mère et la sexualité enfantine. Ces problématiques se sont renouvelées au début des années 1970, quand sont nées en particulier l'anthropologie médicale américaine et les études féministes, mais la date de cette émergence serait à vérifier. C'est alors que se déploie la panoplie des questions aujourd'hui «classiques» en sciences sociales sur les enfants: les enfants au travail (child labor), l'enfance entre la médecine (soins aux nourrissons) et le droit («les droits de l'enfant» dans le cadre des Droits de l'Homme), les mauvais traitements (jusqu'à l'infanticide). Deux grands «tournants» sont pris dans les années 1980: le tournant post-moderne et le tournant dialogique, qui conduisent à un second renouvellement des problématiques. Dans une perspective post-moderne et post-coloniale, on fait ressortir la diversité des images qu'on se fait de l'enfant. Dans la pratique dialogique qui s'instaure progressivement, ce que disent les enfants eux-mêmes est pris au sérieux.
1 / L'enfance comme construction indigénisante balagopalan_indigenous_childhoods.pdf — Sarada Balagopalan, Constructing Indigenous Childhoods: Colonialism, Vocational Education and the Working Child, Childhood, Vol. 9, No. 1, 2002, pp. 19-34.
Cette approche des enfances comme constructions culturelles spécifiques (local cultural constructs) part d'une critique de la «Convention relative aux droits de l'enfant» (entrée en vigueur le 2 septembre 1990), qui privilégie une vision occidentale et idéalisée de l'enfance.
2 / “Giving voice to children's voices” Donner la parole aux enfants eux-mêmes: approche post-moderne par excellence. Nous partirons du dossier réuni sur ce thème dans American Anthropologist en 2007: bluebondLangner—korbin.pdf — Myra Bluebond-Langner and Jill E. Korbin, Challenges and Opportunities in the Anthropology of Childhoods: An Introduction to “Children. Childhoods. and Childhood Studies,” American Anthropologist, Vol. 109, No. 2, June 2007, pp. 241–246. Numéro thématique “Children, Childhoods, and Childhood Studies”, dont Myra Bluebond-Langner et Jill E. Korbin sont Eds. Lorsqu'on parle des Enfants en anthropologie, on considère ensemble trois traits spécifiques: les enfants sont des humains en période de croissance, les enfants sont des acteurs à part entière de la vie sociale, les enfants sont vulnérables. In these frameworks, children are at once developing beings, in possession of agency, and to varying degrees vulnerable. C'est le deuxième trait qui a retenu l'attention depuis 1990.
Une évolution intéressante des sciences sociales nous fait passer du thème de la Participation au thème de la Prise de parole, et du concept d'Agency au leitmotive Giving voice. Nouvelles méthodes d'enquête sur l'enfance et la vie quotidienne des enfants: on leur donne la parole, on recueille de leur bouche les récits de leurs expériences vécues. Ambiguïtés de l'authenticité. james_giving_voice_children.pdf — Allison James, Giving Voice to Children's Voices: Practices and Problems, Pitfalls and Potentials, American Anthropologist, Vol. 109, No. 2, June 2007, pp. 261–272.
• Ces deux nouvelles problématiques, qui nous font échapper à une routine académique particulièrement rigide, ne doivent pas pour autant occulter les études classiques sur les enfants au travail, l'enfance et la médecine, l'enfant vulnérable (l'esclavage, l'infanticide) ni une approche comparative permettant de mettre en perspective nos propres constructions culturelles.
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