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Les Angles de l'Asie |
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Râmakerti cambogien Saveros Pou et Grégory Mikaelian, Rāmakerti I – « La gloire de Rāma ». Drame épique médiéval du Cambodge, Paris, L’Harmattan, « Les introuvables », 2007, 440 p. Source de la présentation détaillée de cet ouvrage reproduite ci-dessous: http://aefek.free.fr/pageLibre00010828.html Fruit d’un sillon sacré creusé par Janak, le roi de Mithilā, à proximité de la rivière Yamunā, Sītā apparaît sur un radeau d’or et devient fille adoptive du souverain. Elle choisit elle-même son mari sélectionné par l’épreuve du tir à l’arc dont seul Rām, incarnation du dieu Nārāy et fils de Dasarath, le roi d’Ayudhyā, sort victorieux. Mais une fois revenu avec son épouse à Ayudhyā, Rām ne peut y régner car bien qu’il soit l’aîné, son père, par faiblesse, a promis à sa deuxième épouse Kaikesī de faire régner Bhirut, simple cadet et demi-frère de Rām. Kaikesī fait exiler Rām et son demi-frère Laks d’Ayudhyā pour 14 ans. Débute alors l’odyssée de Rām, accompagné de son épouse Sītā et du fidèle et vertueux Laks. Renonçant aux fastes d’une cour, ils se font ascètes. Mais, lors de leur séjour dans la forêt de Dandakār, Laks mutile Sūrapanakhā, une démone qui tentait de le séduire et qui était la sœur de Rāb, roi des démons résidant au royaume de Lańkā. Ce dernier décide d’enlever Sītā en représailles. Débute une longue guerre entre le prince ‘charmant’ (Rām) et le prince ‘hurlant’ (Rāb), incarnation du Mal. Heureusement Hanumān, neveu du roi des singes, prête allégeance à Rām. Grâce à l’aide des princes simiesques, Rām dispose d’une armée, et entreprend de faire construire un pont pour franchir le bras de mer qui le sépare de Lańkā. Aidé en cela par la déesse de la Mer qui se rallie finalement à lui, il parvient ainsi à débarquer ses troupes sur le littoral. La bataille fait rage et Rāb, impuissant et colérique, voit d’abord ses fils tomber un à un avant de devoir finalement se résoudre à quitter Lańkā pour s’enfuir chercher du renfort en dehors des limites des cakravāl. Thème classique de l’iconographie des temples du Cambodge ancien, la ‘Gloire de Rāma’ ou Rāmakerti se présente ici comme le principal texte de littérature hérité de la période post-angkorienne (XVe-XVIIIe siècle). Derrière la structure vālmīkienne propre aux origines de l’épopée, le Rāmāyana classique indien, se lit pourtant une appropriation khmère de ce Miroir du prince, d’ailleurs présent sous de multiples variantes d’un bout à l’autre de l’Asie orientale. Datées d’entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle, les scènes de ce livret de théâtre, autrefois jouées par les danseuses du ballet royal au sein du palais, se situent dans une Inde mi-géographique, mi-mythique. Cependant, elles donnent un accès direct à la société de cour du royaume khmer post-angkorien, à ses valeurs bouddhiques comme à ses pratiques de pouvoir, dessinées en filigrane de l’épopée par les poètes du XVIIe siècle. Historiquement, cette production coïncide avec le grand mouvement de refondation littéraire (codes juridiques, codes gnomiques, inscriptions votives bouddhiques, etc.) consécutif à l’entreprise de reconstruction politique mise en œuvre par les rois khmers, suite au sac dramatique de leur capitale, Longvek, par les Siamois en 1594. Fleuron de la littérature cambodgienne, le Rāmakerti I atteste de l’importance de ce mouvement refondateur. L’auteur de cette édition du texte, Saveros Pou, linguiste et philologue du khmer, a enseigné le cambodgien moderne (ENLOV) et les états antérieurs de la langue – vieux khmer et khmer moyen (Université de Paris III) –, durant de nombreuses années. Engagée principalement dans la recherche scientifique (CNRS), elle a publié une centaine d’articles et livres sur la langue, la littérature et la civilisation khmère. Elle s’est associée ici à un collègue historien, Grégory Mikaelian, spécialiste du Cambodge post-angkorien (Université de Paris IV-Sorbonne, I.R.C.O.M.).
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